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Par : jmr
Publié : 28 octobre 2007

L’étymologie du mot "Noël"

Nom apparu au début du XIIe siècle. Classiquement, on en fait remonter l’étymologie au mot latin natalis « relatif à la naissance », lequel aurait donné nael en ancien français.

L’explication de Bernard Cerquiglini en images ne déroge pas à la tradition : http://www.tv5.org/TV5Site/lf/merci_professeur.php ?id=4098


Mais selon une étymologie hétérodoxe (Daniel Baril), le mot viendrait plutôt des racines grecques neos « nouveau » et helios « soleil » par l’intermédiaire du gaulois ou du francique ; il s’agit en effet de la fête qui célèbre le retour du soleil après le solstice d’hiver.

« L’origine la plus vraisemblable du mot Noël ne serait pas le latin natalis dies (jour de naissance) mais le gaulois noio hel ou le francique neu helle, deux expressions signifiant « nouveau soleil » ou « nouvelle clarté ». […]

« La racine de noio et de neu se retrouve dans de nombreux dialectes régionaux disparus, comme nau en Charente, neues en breton, naoué en Lorraine, nouvé en Franche-Comté, nouel en Normandie, nouè en Provence, sans oublier new en anglais. Cette racine vient du grec neos signifiant « nouveau ». Les mots hel et helle ont eux aussi une origine grecque, soit helios signifiant « soleil ».

« Vous ne trouverez pas cette étymologie dans Le Larousse ni dans Le Robert ; les dictionnaires n’accréditent que l’interprétation classique rattachant noël au latin natalis. Pour établir le lien, il faut faire disparaître le t du mot latin et comprimer les deux a en un o. Des linguistes modernes remettent en question cette interprétation et soutiennent plutôt l’hypothèse de l’origine gauloise du mot.


Une autre possibilité, complémentaire de la précédente, ferait dériver Noël du latin novella (« bonne nouvelle »). Ainsi, au Moyen Âge, « Noël, Noël ! » crié dans les rues annonce-t-il la bonne nouvelle.

« Enfin, la série noël/noue/no-ié, pourrait être dérivée de novella, « bonne nouvelle ». […] Cette série se trouve du Nord de la France (où l’on dit Noé, Noeu, Noué, Noez) à la Lorraine (Nawé, Nowé, Nouwé), en passant par la Bourgogne, (Novéa, No-éï), la Champagne, l’Ile-de-France, la Brie, (Noël), la Normandie à Louviers (Nouel), le Maine (Nawa, Nwel) et la Bretagne dans les Côtes du Nord (Noâ ou Noé). » — (Martyne Perrot, Noël, collection « Idées reçues », Édition Le Cavalier Bleu, 2002)


Un Noël traditionnel anglais contient justement Nowel :
Nowel, Nowel, Nowel, Nowel,
Born is the King of Israel.

Un autre s’intitule : Nowel syng we


En guise de conclusion :

Bouna Shalande ! Bon Noël ! en patois savoyard,
Bouna Tsalande ! en Tarentaise.