Ensemble vocal
Gaudeamus

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Par : jmr
Publié : 4 janvier

Charles Gounod

Les sept dernières paroles de N. S. Jésus-Christ sur la croix

Même si Charles Gounod est aujourd’hui surtout connu comme le compositeur de l’opéra Faust, son principal objectif créatif était la musique d’église.

Courant avril 2019, Gaudeamus présentera une interprétation des Sept dernières paroles du Christ sur la croix (CG 147-1855).

Cette œuvre, inspirée par le séjour à Rome du compositeur enthousiasmé par les chants liturgiques de la Chapelle Sixtine, reflète fidèlement la tradition des hymnes a cappella de la Semaine Sainte à Rome.


Partition, texte et traduction, fichiers MIDI


Outre les auteurs spirituels, les paroles de Jésus en croix ont inspiré plusieurs musiciens, depuis 1662 avec Schütz, puis 1730 avec Pergolèse et 1787 avec Haydn ; plus près de nous Gounod en 1855 et César Franck en 1859. Récemment de nombreux compositeurs ont allongé la liste.

Sept est un chiffre biblique, le chiffre par excellence de la totalité. Sept jours de la semaine, il fallait aussi qu’il y ait sept sacrements, les sept dons du Saint-Esprit, les sept péchés capitaux...

Sans oublier les sept couleurs de l’arc-en-ciel, les sept notes de la gamme.

Et la forme du fameux chandelier à sept branches, image s’il en est des compositions concentriques : trois avant, trois après, une au centre où Jésus récite le début du fameux Ps 22 ;

Les évangiles rapportent sept paroles que Jésus a prononcées alors qu’Il était sur la croix. Elles ont été dites dans l’ordre suivant :

Avant les trois heures de ténèbres :
- « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23 : 34).
- « En vérité, je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23 : 43).
- « Femme, voilà ton fils » - « Voilà ta mère » (Jean 19 : 26,27).

À la fin des trois heures de ténèbres :
- « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matt. 27 : 46 ; Marc 15 : 34).

Après les trois heures de ténèbres :
- « J’ai soif » (Jean 19 : 28).
- « C’est accompli » (Jean 19 : 30).
- « Père ! entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23 : 46).

Les paroles extrêmes commencent avec le vocatif, « Père » et proviennent de l’évangile de Luc, ce qui correspond au vocatif de la parole centrale.


Il existe un bon enregistrement sur le label Carus 83.490

On peut télécharger le CD Carus sur le site Qobuz

Extraits du livret numérique de 28 pages accompagnant le disque chez Carus :

"Charles Gounod est surtout connu de nos jours pour ses opéras Faust (1859) et Roméo et Juliette (1867) et sa très populaire Méditation sur le 1er prélude de piano de J. S. Bach (1852), remaniée en 1859 en Ave Maria. Sa réputation de grand compositeur d’opéras est loin cependant de rendre justice à l’ensemble de son œuvre immense qui aborde tous les genres. Ses œuvres de musique d’église constituent la majeure partie de cet œuvre et surpassent de loin, en nombre, la production de tous les autres compositeurs français du XIXe siècle.

C’est avant tout à son séjour à Rome (1840–42) que Gounod doit sa vocation de compositeur de musique spirituelle. Le contact avec la musique de Palestrina l’impressionna profondément et influença durablement les œuvres qu’il composa par la suite pour l’église. Comme pour Palestrina, la musique d’église avait, pour Gounod, pour vocation principale de mettre au premier plan le message de la foi et d’éviter tout effet apparent dans l’expression musicale.

L’idéal de Gounod en faveur d’une musique chorale simple et compréhensible tient également à son activité de directeur de chœurs d’amateurs. En tentant de renouveler la musique d’église – sévèrement affectée par la Révolution française – tout en s’inspirant des idées de l’historisme, Gounod entendait avant tout tenir compte des possibilités réduites de ces chœurs d’amateurs. C’est ce qui explique que Gounod ait privilégié, pour la majeure partie de ses messes, généralement destinées à ce type de chœurs (il en composa 21 en tout dont quatre Requiem), une écriture simple avec un accompagnement d’orgue. Ces messes furent appréciées par de nombreux chœurs et paroisses, et connurent, de ce fait, de nombreuses rééditions et remaniements. Gounod contribua ainsi largement aux efforts de renaissance et de renouvellement de la musique d’église française.

Les sept paroles du Christ sur la croix est une composition a cappella dans le style de Palestrina composée en 1855 pour soli et chœur mixte à quatre voix. A certains endroits de la composition, Gounod souligne le sens du texte à l’aide de figures musicales – procédé que l’on ne rencontre que rarement dans ses messes. Ainsi, dans le no 1, les railleries des hommes qui se moquent de Jésus sont traduites par de rapides motifs en croches traités en imitation, tandis que les paroles du Christ sont mises en musique dans une écriture homophone pleine de sérénité. Dans le no 5, les figures chromatiques descendantes sur l’expression « Sitio » (« J’ai soif ») traduisent l’impuissance et la douleur du Christ crucifié." (Markus Schneider,Traduction (abrégé) : Chr. H. Meyer)